Le prix de l’argent a reculé jeudi 23 juillet de 3,46 pour cent à 57,64 dollars par once troy, la plus forte baisse en plusieurs mois. L’or a perdu la même séance 1,98 pour cent et est retombé à 4 047,80 dollars, de nouveau aux abords du soutien important autour de 4 000 dollars. Tôt vendredi matin, les premiers cours ont confirmé que le repli tient : l’or cotait autour de 4 024 dollars et l’argent autour de 57,24 dollars, à peine plus haut que le cours de clôture de jeudi.
L’argent perd presque tout son gain de la semaine
Le contraste avec le début de la semaine est frappant. Deux jours plus tôt à peine, le mardi 21 juillet, l’argent avait bondi de plus de 4 pour cent sur du short covering et une vague de demande de valeurs refuges. Jeudi, le marché a rendu une grande partie de ce gain en une seule séance. Pour qui ne suit le cours qu’au jour le jour, cela ressemble à un marché nerveux. Pour qui veut vendre du vieil argent, c’est surtout le niveau d’aujourd’hui qui compte, pas le pic d’avant-hier.
Pourquoi les taux l’ont emporté sur le risque de guerre
Normalement, l’agitation géopolitique pousse l’or et l’argent vers le haut, parce que les investisseurs cherchent la sécurité. Jeudi, c’est justement l’inverse qui s’est produit, malgré une nouvelle escalade au Moyen-Orient. La raison se trouvait sur le marché obligataire. Les demandes d’allocations chômage américaines ont baissé plus fort que prévu, jusqu’au plus bas niveau depuis des décennies, ce qui indique un marché du travail plus résistant que prévu. Les investisseurs ont dès lors abaissé leur attente d’une baisse de taux rapide de la Réserve fédérale, qui prend une décision mercredi prochain 29 juillet. Le taux des bons du Trésor américain à dix ans est monté vers 4,7 pour cent et le dollar s’est encore renforcé, deux facteurs qui rendent les métaux précieux sans rendement propre moins attrayants.
Un nouveau front sur le marché pétrolier
En même temps, le conflit autour de l’Iran a escaladé davantage. Les Houthis yéménites ont revendiqué une attaque de drones et de missiles contre deux pétroliers saoudiens en mer Rouge, ce qui, selon les observateurs, ouvre un nouveau front à côté du détroit d’Ormuz. Le pétrole brut a de ce fait brièvement dépassé 100 dollars le baril. Normalement, c’est le genre de nouvelle à laquelle l’or et l’argent réagissent par une hausse de cours. Jeudi, le choc de taux l’a toutefois largement emporté sur le réflexe de fuite, un signe que le marché regarde en ce moment surtout la Réserve fédérale et moins l’Iran.
Ce que cela signifie pour qui veut vendre du vieil or ou de l’argent
Pour qui a chez lui du vieil or, des couverts en argent ou des pièces, un repli de quelques pour cent change peu au tableau d’ensemble. L’or comme l’argent cotent toujours bien plus haut qu’il y a un an, et une correction de quelques jours ne dit en soi rien sur la direction à plus long terme. C’est justement pourquoi De Munter conseille de faire déterminer le cours actuel par un acheteur au moment de la vente, et non par un prix que vous avez lu quelque part en ligne ou dans l’actualité. Les cours du jour bougent, parfois fortement, et un prix de vente correct aujourd’hui peut déjà être dépassé demain.
La semaine prochaine sera de toute façon une semaine importante pour le marché de l’or et de l’argent. Outre la décision de taux de la Fed du 29 juillet, la situation autour de l’Iran et désormais de la mer Rouge reste imprévisible. Qui envisage de vendre a tout intérêt à faire vérifier le cours autour du moment de la vente lui-même, plutôt que de se fier à des chiffres vieux de quelques jours.